Ti Kafé : le café artisanal en Martinique

Ici, dans la petite maisonnette de l’ancienne distillerie des rhums Hardy, à Tartane, une odeur emplit l’atmosphère. “L’odeur, c’est notre marque de fabrique. Pas besoin de faire de publicité, les passants s’arrêtent spontanément chez nous”, se réjouit Maxime Constantin, directeur de Ti Kafé, entreprise de torréfaction artisanale de café.

Un cadre unique sur la route de la Caravelle

Avec ses machines visibles depuis le hangar, l’atelier de Ti Kafé rappelle celui de Willy Wonka dans le film Charlie et la Chocolaterie. Les grains de café sont brûlés dans un torréfacteur à gaz de plus de 40 ans, le seul en Martinique. Le choix de cet équipement se ressent sur le goût et la qualité du café : “Nous transformons le café à l’ancienne”, précise Maxime Constantin. Après la torréfaction, plusieurs étapes s’enchaînent sous nos yeux : le tri, le refroidissement, l’ensachage, la pesée, l’étiquettage jusqu’aux palettes. Les installations montent du sol au plafond. Tout le travail de préparation du café – ou presque – est fait à la main, avant le départ vers les différents points de vente sur l’île. 

En plus de la commercialisation en réseau de distribution, Ti Kafé accueille les clients pour de la dégustation.

Une matière première venue des quatre coins du monde

Ti Kafé achète des grains de café verts auprès de producteurs étrangers et locaux. L’entreprise s’approvisionne ainsi en Amérique du Sud, en Éthiopie, en Haïti et bien sûr en Martinique. Des liens ont d’ailleurs été établis avec le Parc Naturel afin de valoriser la production locale.

Le jour de notre visite, Maxime Constantin avait reçu 12 kilos de café d’une habitante du Morne des Esses. Il met un point d’honneur à acheter le café de Martinique, même auprès de particuliers. “Même si la récolte est parfois de qualité moyenne, nous voulons encourager les vendeurs. Il n’en sortira peut-être pas toujours un café d’excellence, mais les grains peuvent être utilisés pour d’autres usages, dans la cosmétique par exemple”, explique-t-il. En effet, si la Martinique a été terre de café, à partir du 18ème siècle, la culture a progressivement décliné. Elle est, jusqu’à présent, en dents de scie. “Cette année, avec les pluies de ces dernières semaines, nous avons constaté une baisse de la production. En revanche, aux mois de juillet-août les fortes chaleurs ont entraîné une augmentation”, constate M. Constantin. 

Une entreprise en pleine croissance 

L’entreprise Ti Kafé a ouvert depuis huit ans. Malgré les difficultés rencontrées au début, le succès est croissant autant que la demande “À nos débuts, la torréfaction se faisait à la main, kilo par kilo. Aujourd’hui nous pouvons passer jusqu’à 20 kg à la fois, mais notre machine nous permet également de torréfier de petites quantités.”

Ce développement a permis d’ouvrir une seconde boutique aux Trois-îlets, à Château-Gaillard. Les clients du Sud de l’île peuvent directement s’y approvisionner.

 

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