La soupe en Martinique : un pilier de notre alimentation

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Un jour, pendant un de nos circuits gourmands à Fort-de-France, un touriste m’a dit : « c’est vrai que vous ne devez pas beaucoup manger de soupe ici ! ». Il ne faisait pas référence à ma taille, tout à fait normale je crois, mais plutôt au fait que la soupe évoque le climat froid. Dans son imaginaire, on boit de la soupe en hiver, pour se réchauffer. J’étais choquée car la soupe est des plats typiques de la Martinique !

La soupe : un plat qui soigne

Dans son ouvrage intitulé Les mots du corps dans la tradition martiniquaise, Elisabeth Vilayleck indique qu’en Martinique, “la frontière entre la fonction alimentaire et la fonction médicale est incertaine et les rôles interchangeables”. 

La soupe en est un parfait exemple en Martinique ! On lui attribue des vertus thérapeutiques. Elle est l’une des étapes de la purge dont on a déjà parlé ici. Autre cas, après avoir fait bombance (merci maman pour cette expression que tu emploies à tout bout de champ), nous avons coutumes de nous purifier de l’intérieur en avalant de la soupe. En fonction des maux dont on souffre, la composition pourra changer : selon Elisabeth Vilayleck “une soupe de riz, ou de tripes, ou de morue, à laquelle on ajoute du giraumon est bonne pour faire monter le lait de la jeune mère.” Elle ajoute qu’on mettra “des gombos en cas de constipation, de l’aloès ou du riz pour rafraîchir d’avantage, des kankanbou pour les gaz”. 

Et comme me l’a fait remarquer un ami, il existe une expression toute faite en créole : « ou ka mandé malad si i lé bouyon ? » littéralement : « est-ce que tu demandes au malade s’il veut du bouillon ». La réponse est évidente : oui ! Mais ce n’est pas tout ! 

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La soupe, un plat qui réunit

Boire de la soupe en Martinique s’inscrit dans certains rituels sociaux : lors d’une veillée mortuaire, il y a de grandes chances que l’on vous en propose. D’ailleurs, ma grand-mère prépare encore sa soupe tous les dimanches pour toute la famille.

Dans tous les cas, comme on dit en Martinique : “sé vyé kannari ka fè bon soup”. Littéralement, cela signifie que c’est dans les vieilles marmites qu’on cuisine les meilleures soupes. Autrement dit, avec la vieillesse vient l’expérience.

Si vous souhaitez découvrir nos soupes et potages incontournables, cliquez sur cet article. Sinon, rendez-vous pendant l’un de nos circuits guidés à Fort-de-France !

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